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HISTORIQUE

» Avant la Fédération provinciale des comités de parents
» La décennie des années '60
» La décennie des années '70
» La décennie des années '80
» La décennie des années '90

Avantla Fédération provinciale des comités de parents

L'implication des parents au niveau de l'école date du temps où les commissaires d'écoles avaient la responsabilité de leur école locale. À toutes fins pratiques, c'était le temps où les Franco-manitobains, en milieu homogène, géraient leurs propres écoles; les commissaires étant dans la majorité des cas, les parents des enfants fréquentant ces mêmes écoles.

Bon nombre d'entre elles, tant en milieu urbain qu'en milieu rural, se dotaient d'un comité de « parents et maîtres ». C'était alors, sous le leadership des communautés religieuses enseignantes et du clergé, le véhicule principal de l'implication des parents.

Les grandes revendications en matière d'éducation depuis l'abolition du français comme langue d'enseignement en 1916, devenaient le cheval de bataille de l'Association d'éducation des canadiens-français du Manitoba (A.E.C.F.M.). Mandatée par les parents et toute la communauté franco-manitobaine, appuyée par les représentants élus, l'A.E.C.F.M. devient le porte-parole légitime à revendiquer les intérêts des parents. Son implication concrète auprès des écoles se traduit par le service « d'inspecteurs d'écoles français » et de concours provinciaux en français. Certains d'entre nous se souviendront du fameux « concours de français ». Pendant une cinquantaine d'années, les francophones ont réussi grâce à l'A.E.C.F.M., à garder un certain contrôle sur l'enseignement du français, surtout dans les communautés où ils étaient majoritaires. Cependant, les décennies se succèdent et nous amènent à des changements et même des bouleversements qui forceront les parents à s'impliquer davantage dans des causes et des mouvements en matière d'éducation qui, jusqu'à présent, avaient été relégués à nos élites franco-manitobaines.

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La décennie des années '60

En 1959, la province crée les grandes divisions scolaires. Dans un premier temps, ces nouvelles unités regroupent les écoles secondaires seulement dans le secteur rural. Ce n'est qu'en 1967 que les divisions scolaires englobent aussi les écoles élémentaires sauf celles qui refusaient d'y adhérer. Dans cet exercice, on s'efforce de noyauter les communautés franco-manitobaines. Ces nouveaux et vastes territoires regroupent tant bien que mal des communautés francophones de quelques régions.

C'est en 1967 que la SFM remplace l'AECFM. Ce nouvel organisme, rajeuni, mandaté par la communauté franco-manitobaine, se donne un plan d'ensemble afin de faire avancer le développement global de la communauté franco-manitobaine.

L'année 1967 marque aussi un autre tournant dans l'histoire. La province du Manitoba modifie sa loi scolaire de façon à permettre l'enseignement du français à 50 % du temps. Le ministère de l'Éducation met sur pied une « section française » au sein du ministère dans le but d'élaborer un programme français pour les écoles bilingues.

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La décennie des années '70

À la suite à l'adoption de la loi sur les langues officielles par le gouvernement fédéral, l'année 1970 marque le début d'une ère nouvelle pour les Franco-manitobains. Le gouvernement manitobain adopte la loi 113 permettant l'enseignement en français jusqu'à 100 % du temps de la maternelle à la 4e année inclusivement et jusqu'à 75 % de la 4e à la 12e année. Cette loi permet donc l'enseignement en français sans toutefois permettre la création d'écoles françaises. La décennie des années soixante-dix voit la création de l'Institut pédagogique en 1972 et de plus la mise en place du Bureau de l'éducation française (BEF) par le ministère de l'Éducation en 1974.

Plusieurs parents comprennent vite les multitudes d'opportunités que la nouvelle loi offrait. C'est ainsi que l'on voit naître et grandir une implication plus intense de la part des parents. D'une part, nous voyons la naissance du mouvement des Mini- Franco-Fun en 1972, afin de mieux préparer les enfants à leur entrée dans un programme de français. D'autre part, surgissent, sur le plan scolaire, des luttes et débats pour avoir des classes françaises, voire même des écoles françaises dans certains milieux. Rappelons-nous des revendications, des débats et des luttes entourant les écoles Taché et Précieux-Sang, Noël Ritchot, Lagimodière, Gabrielle-Roy et bien d'autres... et la lutte n'est pas finie.

Toutes ces luttes obligent les parents à vouloir s'unir et conjuguer leurs forces devant le poids grandissant des revendications à soutenir. Il fallait se regrouper en un organisme afin de mieux lutter pour obtenir le plein droit des parents.

C'est au printemps 1976 que les comités de parents déjà existants se regroupent pour créer la Fédération provinciale des comités de parents Inc. (FPCP). Cette fédération regroupe les comités de parents attachés aux écoles françaises ainsi que les comités d'écoles où l'on enseigne en français et en 1980 permet l'adhésion de tous les comités du secteur préscolaire. La Fédération a pour but de promouvoir le développement et l'épanouissement de l'éducation française là où les parents francophones le désirent pour leurs enfants. La Fédération travaillera à la formation de nouveaux comités, appuiera les comités existants dans leur revendication et leur fournira l'aide et les outils dont ils auront besoin dans leurs relations avec leurs commissions scolaires respectives. De plus, elle développera mémoires, données, bulletins, aide pédagogique et ressources de toutes sortes et assurera une liaison avec tous les organismes intéressés ou impliqués dans l'éducation française. Aussi, depuis sa création, la FPCP revendiquera auprès des gouvernements et commissions scolaires la reconnaissance des droits à l'éducation française.

Un article que signait un ancien directeur de la FPCP, Armand Bédard, démontre bien la raison d'être de la FPCP. Une loi permissive telle que la loi 113, oblige les parents à revendiquer :

« Les comités de parents du Manitoba sont nés dans des besoins engendrés par des contestations au niveau local. Ils n'ont pas été inventés; ils sont les résultats logiques des besoins réels...Les nombreuses batailles que les parents ont dû mener leur firent réaliser qu'il serait presqu'impossible d'obtenir gain de cause sans s'unir pour travailler ensemble...Il faut se souvenir que la FPCP détient sa raison d'être dans le fait que la loi 113 est permissive. Même si cette loi semble généreuse, il reste tout de même que les parents francophones sont placés dans une position de quémandeurs. En effet, s'ils veulent se prévaloir de ce que la loi « permet », ils doivent d'abord se regrouper pour faire des demandes, revendiquer et souvent même se battre pour obtenir, soit des classes françaises ou des programmes français. La loi ne prévoit même pas que ces classes ou programmes soient éventuellement réunis sous un même toit pour former une école française. »

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La décennie des années '80

Un événement très marquant vient appuyer le mandat des parents. C'est l'inclusion en 1982 de la Charte des droits et libertés dans la constitution du Canada. La Charte renforce le statut du français et de l'anglais en tant que langues officielles du Canada et constitutionnalise la dualité linguistique du Canada. De plus, l'article 23 reconnaît aux citoyens des deux langues officielles le droit d'accès à l'éducation dans leur langue maternelle dans des établissements qui leur appartiennent, donc qu'ils ont le droit de gérer. Cet événement ne signifiait pas pour autant que les droits des parents étaient acquis. Il s'en suivra d'autres débats, d'autres négociations, de nombreux recours devant les tribunaux, des déchirements au sein de la communauté et d'autres luttes interminables.

Durant les années 80, la FPCP, ainsi que tous les autres organismes de parents, consacrent leurs énergies à convaincre leurs gouvernements provinciaux de leur accorder leurs droits enchâssés dans l'article 23 de la Charte des droits et libertés. Nous avions réussi au Manitoba à acquérir le droit d'accès à l'éducation française et à l'école française et aussi à obtenir un certain nombre d'écoles. Maintenant, il nous fallait consacrer nos énergies à obtenir la gestion totale de nos écoles.

Des luttes acharnées pour obtenir des écoles et pour maintenir les acquis poussent la FPCP en 1986, à recourir aux tribunaux pour avoir gain de cause.

L'implication de la FPCP se poursuit dans différents secteurs. D'une part, bien que les dossiers politique et juridique consomment temps et énergies, la FPCP crée, dès mars 1987, le Comité directeur des structures scolaires (CDSS) dont le mandat sera de développer un modèle de gestion pour les écoles françaises et un projet d'implantation de ce modèle. D'autre part, en 1983, la FPCP prend officiellement le dossier du préscolaire. Par ce fait même, la FPCP confirme la conviction bien arrêtée des parents qu'il nous faut préparer le jeune franco-manitobain au plan linguistique et culturel.

D'ailleurs, depuis 1986, deux coordonnatrices y travaillent à plein temps. Cet appui aux parents se traduit par la publication mensuelle du Mini-journal et de Créactivité, outils pédagogiques pour aider parents et animateurs/trices de la jeune enfance. Les coordonnatrices offrent une aide technique pour la mise sur pied de nouveaux groupes. Elles continuent toujours à offrir des services de consultation, de liaison, d'information et de formation aux parents et aux animateurs/trices de la jeune enfance.

De plus, en 1988, la FPCP parraine deux projets de formation intensifs pour les animatrices en garderie afin de palier à la pénurie d'animatrices francophones accréditées. De tels projets contribueront à la mise sur pied d'un programme d'éducation accrédité en services de garde au CUSB dès 1989.

Les efforts de la FPCP se sont concentrés au niveau de la gestion scolaire et du préscolaire. Nous sommes sur le point d'obtenir dans les faits cette gestion scolaire que nous revendiquons depuis plus d'une décennie. Tant d'énergies ont été dépensées en vue d'atteindre cet objectif! Il est d'importance primordiale pour la communauté franco-manitobaine, qu'une fois acquise, la gestion de nos écoles sous un système proprement nôtre, serve à rehausser la qualité de l'éducation de nos enfants et la vigueur de la langue et de la culture pour lesquelles nos prédécesseurs n'ont cessé de lutter. Donc, qu'elle serve réellement à répondre à nos besoins.

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La décennie des années'90

Un jugement de la cour d'appel du Manitoba, le 6 février 1990, nous apprend que les Franco-manitobains n'ont pas de droit à la gestion scolaire, mais que la loi scolaire doit être modifiée afin de la rendre conforme à l'article 23 de la Charte. Quelques semaines après le jugement de la cour d'appel, la cour suprême du Canada confirmera, le 15 mars 1990, dans l'arrêt Mahé que l'article 23 garantit aux francophones vivant en milieu minoritaire le droit de gérer leurs propres écoles.

À la suite de ce jugement, la FPCP met donc en veilleuse les poursuites judiciaires afin de permettre au gouvernement de tenir son engagement et de se conformer au jugement de la cour suprême. En 1990, le gouvernement manitobain met sur pied un groupe de travail présidé par M. Edgar Gallant, afin de recommander au gouvernement un modèle de gestion pour les écoles franco-manitobaines. La FPCP, après multiples réunions d'information et de sensibilisation, consulte quelque 1 500 parents francophones afin de recueillir leurs attentes et leurs besoins en matière de gestion scolaire et d'en informer les membres du comité Gallant.

Cette consultation se concrétise par l'adoption à l'unanimité de 41 résolutions lors de l'assemblée annuelle de la FPCP, le 6 avril 1991. Par la suite, le rapport est remis à tous les membres du comité Gallant. Le 31 mai suivant, le comité Gallant remet un rapport unanime au gouvernement et propose qu'au plus tard en septembre 1993, une commission scolaire provinciale soit créée. Un mois plus tard, le rapport est rendu public. En novembre 1991, le premier ministre promet que son gouvernement procédera à la mise en oeuvre de la gestion scolaire pour septembre 1994. Ce retard d'une année de plus déçoit bien sûr les parents, mais soulève tout de même l'espoir que la gestion de notre système scolaire allait devenir réalité. Mais voilà que l'annonce du modèle de gestion proposé par le gouvernement, le 26 mars 1992, suscite une nouvelle impasse. Les organismes et les comités de parents sont solidaires à rejeter la proposition du gouvernement. Après avoir tenté de trouver un compromis acceptable, il y a unanimité sur un retour en cour suprême. Malgré l'opposition de la province du Manitoba, la cour suprême entend la cause des parents le 3 décembre 1992.

Le jugement de la cour suprême, le 4 mars 1993, justifie l'action des parents et clarifie les obligations du gouvernement manitobain en matière de gestion scolaire.

En mai 1993 le gouvernement dépose en Chambre le projet de loi visant à se conformer à ses obligations découlant de la Charte des droits en créant une division scolaire regroupant les écoles franco-manitobaines. La FPCP appuyée de tous les autres organismes franco-manitobains impliqués en éducation étudie à fond le projet de loi et recommande des changements. En même temps, le comité Monnin mandaté par le gouvernement se rend dans un premier temps dans 13 communautés offrant le programme français 75/25 pour informer, consulter et inciter les parents à indiquer leur volonté de faire partie du système scolaire destiné aux francophones. Comme il fallait s'y attendre, les parents francophones se prononcent massivement en faveur de faire partie du système scolaire géré par les francophones.

Un événement historique d'importance capitale se produit le 27 juillet 1993 avec l'adoption du projet de Loi 34 qui devient le chapitre 33 de la Loi sur les écoles publiques. La Loi prévoit une série d'événements dans les mois à suivre pour créer la Division scolaire franco-manitobaine qui aura le mandat de gérer les écoles et les programmes français pour la rentrée scolaire en septembre 1994.

En septembre le comité Monnin complète la consultation des communautés francophones et peu après soumet ses recommandations au gouvernement. Le 7 décembre 1993, le ministre de l'Éducation rend public les règlements pour permettre l'élection des représentants régionaux le 12 janvier 1994. Les règlements prévoient aussi que la commission scolaire soit en fonction le 20 janvier 1994 et permettent que la commission scolaire de la Division scolaire franco-manitobaine # 49 procède à la mise en oeuvre en vue de la rentrée scolaire en septembre 1994.

En 1997, trois ans après sa mise en oeuvre, la Division scolaire franco-manitobaine vit des grands malaises financiers. La gestion scolaire sans le financement nécessaire, sans l'équivalence n'est pas la vraie gestion et le vrai contrôle de l'éducation de nos enfants... C'est comme une chaloupe criblée de trous dont on tient le gouvernail. Les parents franco-manitobains seront probablement les premiers à faire les frais du jugement Vickers. La FPCP se prépare à contester la loi scolaire et à réclamer l'équivalence.

Pour en savoir plus sur l’histoire de laFPCP, procurez-vous le livre “Un Rêve en héritage” d’Armand Bérard

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